Le meilleur des mondes

décembre 2nd, 2007 by

Cest un fait, le meilleur des mondes aujourd’hui est nécessairement libéral. Aussi pour venir à bout des maux dont souffre notre pays, nous nous tournons vers Nicolas Sarkozy, ultime tentative pour le sortir  de sa léthargie. À mes yeux ce tournant décisif  tient plus de la résignation concomitante à un certain conformisme notoire généralisé et impropre à notre anti-conformisme chauviniste, que du choix raisonné. Tout part du sentiment de décadence et de raté qui affecte notre vision de nous-même. Celle-ci est basée sur des critères essentiellement économiques, issus de l’idéal libéral capitaliste, qui permettent à la fois de définir l’échec et la réussite. Dès lors, se plaçant dans le premier camp on se tourne nécessairement vers les modèles anglo-saxons synonymes de réussite. Calquer notre société sur ces modèles semble résolument le seul moyen de sortir la tête de l’eau. Cela paraît d’autant plus aisé que dans un monde globalisé, les frontières se volatilisent et les sociétés se ressemblent. Là est tout le problème, car "avoir des ressemblances" n’a pas le même sens "qu’être identique". Entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France des points convergent certes, mais chacun conserve sa propre identité, son particularisme. Un exemple récent est celui du CPE. Pour s’adapter aux lois du marché il semblait logique pour nos dirigeants de mettre en place un contrat de travail plus flexible à l’image du sacro-saint modèle anglo-saxon. Malheureusement le gouvernement a cherché à calquer le modèle et non à l’adapter. Il va de soi que le CPE tel qu’il avait été conçu nécessitait d’abord le plein emploi sans quoi il précarisait considérablement le salarié. Il y eut donc blocage et le projet ne put aboutir.
Aussi, est-il à espérer que nos dirigeants en ont tiré les leçons qu’il convient. Car au vu du conformisme résigné qui semble être celui d’une grande majorité de français à ce jour, il y a fort à craindre qu’en cas de récidive nous ne devions en subir les fâcheuses conséquences.’